Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 17:27

Chers tous, le jour J est arrivé. Mon roman est enfin disponible. Voilà votre patience récompensée.

Il suffit de vous rendre sur le site de l'éditeur pour pouvoir commander soit l'édition internet en format PDF soit l'édition "papier" pour obtenir un exemplaire (ou plus...) que je me ferai un plaisir de vous dédicacer, bien évidemment. Pour ceux qui aiment écouter de la musique en lisant, essayez la playlist qui m'a inspirée.

Pour vous faciliter la tâche, j'ai inscrit un lien direct "nouveau lien" qui vous mènera directement sur le site de l'éditeur. Alors... bonne lecture à tous.

 

Je vous embrasse.

 

Krystine

Par KRYSTINE ST - Publié dans : Fiction
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 13:19

Et Aurore, pendant ce temps, récitait la prière de Séné d’une voix

blanche, entrecoupée de profondes respirations pour inhaler un air de plus en plus rare. Les mots semblaient lui arracher la gorge. Le son de sa voix devenait rauque, douloureux. Ses yeux se voilèrent un court instant. Aurore semblait en transe et Paul eut peur. Il la regardait, immobile et perplexe, tandis qu’elle psalmodiait des paroles terribles qu’il comprenait inconsciemment, sans vouloir l’admettre pourtant.


Le ciel et la terre seront de feu.

Les Hommes seront vaincus par eux.

Alors viendront les enfants nouveaux.

Leur âme sera plus vide qu’un tombeau.

Les Hommes rechercheront leur âme.

Mais ils n’auront plus la flamme.

Encore un pas, Ils seront près du silence.

Un autre encore, plus près du silence.

Il faudra le pardon de Gaïa

Pour que se rallume la belle aura.

Gaïa la Belle fermera son coeur,

Par elle viendra le dernier malheur.

Elle fermera son coeur pour l’Eternité,

Elle oubliera son âme pour l’Humanité.

Gloire à Gaïa la Belle,

Gloire à Gaïa l’Eternelle,

Elle aura vaincu les fous,

Elle sera notre Mère à tous. »


– Ça ne veut rien dire ! déclara mollement Paul avec un haussement

d’épaules.

Il avait chaud. La sueur trempait sa chemise. Son coeur battait de façon curieuse. Le jeune acteur commençait à se sentir mal. Il n’arrivait pas à croire que les seules paroles d’Aurore puissent suffire à provoquer cette sorte d’étouffement. Il but goulûment, sentit le liquide pourtant glacé brûler son corps. Il toussa. La douleur fut violente. Comme si ses poumons se déchiraient. Paul essuya sa bouche du revers de la main, la découvrit maculée de sang. Il leva un regard terrifié sur la jeune fille, sondant ses yeux.

Pourquoi Aurore avait-elle si peur, elle aussi ?

Par KRYSTINE - Publié dans : Fiction
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Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /Jan /2009 23:35

Inlassablement, heure après heure, Ishïrina avait rempli l’esprit d’Inglad de pensées violentes, de haine et de rage. Elle s’était heurtée à une résistance farouche contre laquelle elle butait, inexorablement, comme si le chagrin avait réussi là où le bonheur avait échoué. Inglad se construisait une force implacable et incontrôlable contre laquelle Ishïrina semblait avoir de plus en plus de mal à se battre. Finalement, à bout de forces l’une et l’autre, Ishïrina cessa le combat et libéra enfin Inglad. La jeune femme reprit lentement conscience, rouvrit les yeux sur son adversaire.

– Tu ne parviendras pas à insinuer la haine dans mon coeur. assura-t-elle d’une voix sourde.

– Tu as tort d’essayer de m’en empêcher… Comment peux-tu espérer réussir avec ton âme de petite fille, remplie de bonté et d’amour ? Pour vaincre ton ennemi, tu as besoin de rage, Inglad… Sans elle, tu échoueras.

– C’est faux ! Je ne te crois pas !

– Vraiment ? Et comment comptes-tu t’y prendre, alors ? vas-y, explique-moi ! Tu dois détruire un bâtiment entier rempli d’enfants nouveau-nés et d’adolescents endormis. Crois-tu vraiment que ton coeur de mère va te laisser accomplir une telle horreur sans réagir ?

– Je ne sais pas… reconnut Inglad.

– Moi je sais ! lui assena Ishïrina avec force. Et tu échoueras, Inglad ! Tu te feras tuer et un beau jour nous suivrons tous le même chemin ! Tu n’as pas le droit, Inglad ! Et je refuse de te laisser gâcher notre seule chance de survie !

– Tu ne manques pas d’air, tout de même ! protesta Inglad avec colère. Tu m’envoies à la mort et tu trouves encore le moyen de critiquer ma façon d’agir. Tu n’as qu’à y aller, toi, puisque tu es si forte !

– Il n’est pas écrit que je doive mourir pour libérer les Hommes. répliqua Ishïrina avec un sourire narquois. Toi, si !

– Et si je refusais ? Si je retournais à Alpha pour oublier mon chagrin ?! rétorqua Inglad que la colère gagnait insidieusement.

– Je ne te laisserais pas faire… assura Ishïrina.

– Pourrais-tu vraiment m’en empêcher ?

– Veux-tu essayer ?

Avant même qu’elle puisse répondre, Ishïrina s’était jetée contre les parois de son esprit, la mettant à mal et la bousculant sans ménagement. Inglad chercha à résister et dut faire appel à la moindre de ses ressources. Ishïrina était vraiment très puissante et Inglad sentit à quel point sa propre force était loin de l’égaler. Peu à peu, elle recula sous les assauts, se sentit faiblir et baissa sa garde. La vague de douleur qui l’empoigna la cloua sur place, brisant son souffle et tout éclair de volonté. Elle se sentit glisser dans un abîme sans fond et ne chercha plus à lutter. A présent, c’était Ishïrina elle-même qui semblait s’insinuer dans son corps, remplir la moindre de ses cellules et anéantir sa personnalité comme un fétu de paille. Inglad voulut encore résister, reprit pied, chassa l’intrus et comprit soudain que ce combat l’avait repoussée plus loin que ce qu’elle avait jamais connu. Elle n’était plus dans la forêt. Ce n’était pas une pièce non plus. Juste un lieu inconnu, sans mur ni toit, sans limites, nimbé d’une lumière blanche diffuse, noyé dans un brouillard volatile. Inglad vit immédiatement la petite fille qui marchait vers elle. Elle comprit immédiatement ce qu’Ishïrina tentait de faire. Elle la jetait dans les bras de Gaïa, repoussait ses défenses et voulait l’obliger à rencontrer ce destin qu’elle refusait. Alors, de toutes ses forces, Inglad rejeta le contact et reprit pied dans la réalité.

– Ce ne sera pas pour cette fois, Ishïrina. répliqua-t-elle en toisant son adversaire d’un regard provocateur.

– Patience… murmura alors Ishïrina en se penchant tout près. Patience, Inglad… Je n’ai jamais abandonné un combat… Je n’en ai jamais perdu non plus !

 

* * *

Par KRYSTINE - Publié dans : Fiction
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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 18:51

         Rien ne ressemblait à l’idée qu’elle s’en était faite. Tout était sombre, glacé, glauque. La petite fille nageait sur place, sans presque aucun mouvement. L’envie de plonger l’avait rattrapée sur la dune, alors qu’elle y courait en compagnie de Xic. L’attraction de l’eau était devenue irrésistible et la fillette s’était jetée dans les vagues, sans y réfléchir, oubliant que personne ne lui avait jamais appris à nager. Très vite, elle avait sombré, sans même chercher à lutter, laissant les abysses l’entraîner sans bruit, dans un glissement furtif et irrémédiable.

         Et soudain, la bête avait surgi, de nulle part, comme un fantôme, une vision, un mirage. Immense, toute en tentacules gigantesques, en chair dansante et molle, entraînée par les courants comme une chevelure. Son œil unique, disproportionné, posé au milieu de sa tête comme un phare luisant et grotesque, fixait Gaïa tandis qu’elle l’attrapait  et l’attirait vers son bec, petit et crochu, épais et probablement redoutable. Gaïa se plongea dans l’océan vitreux de cet œil amorphe, s’en servit comme d’une fenêtre pour entrer. Leur rencontre fut brutale, comme un choc frontal inévitable. Mais à l’intérieur de l’esprit animal Gaïa ne trouva que l’obscurité, le froid, la peur. Il n’y avait rien qu’elle aurait pu apprivoiser. Elle comprit à cet instant qu’elle allait mourir, lentement mais inexorablement, à jamais captive des longs tentacules. La pieuvre géante était en train de nager vers le fond, là où la pression deviendrait vite trop forte pour la petite fille qui déjà, sentait ses poumons réclamer l’air dont ils étaient privés depuis trop longtemps. Alors son esprit devint lame, s’enfonça impitoyablement dans les peurs du mutant, lacérant ses dernières lueurs d’intelligence, lui faisant comprendre que sa proie allait causer sa perte. Les tentacules la libérèrent d’un seul coup. D’un coup de talon, Gaïa remonta vers la surface tandis que derrière elle la pieuvre continuait de s’enfoncer vers le fond, là d’où elle était brusquement sortie pour happer Gaïa.

         Jaillissant à la surface dans une gerbe d’éclaboussures, Gaïa lâcha un cri de soulagement tandis que l’air envahissait de nouveau ses poumons. Elle se mit à rire, gaiement, avec force, fêtant sa première victoire sur un esprit. L’exercice était moins anodin qu’il en avait l’air. Il avait permis à Gaïa de comprendre toute l’étendue de ce pouvoir auquel, jusqu’à présent, elle n’avait pas fait appel. Le danger avait été le catalyseur.  Elle sortit de l’eau, accueillie par Xic qui n’osait pas entrer dans l’eau et qui jappait craintivement tandis qu’elle marchait vers lui. Les Hur’s connaissaient l’existence de cette pieuvre géante. Les nageurs qui partaient parfois à la recherche d’un peu de poisson la rencontraient plus souvent que ce pourquoi ils avaient plongé. La faune et la flore aquatique avaient survécu de manière inégale sur la planète. Certaines régions en étaient totalement dépourvues. D’autres en gardaient quelques vestiges, souvent modifiés mais existants. Cette mer là offrait encore quelques poissons quand la pieuvre ne les dévorait pas avant les pêcheurs.

-     Tu es imprudente, petite Gaïa… la pieuvre est dangereuse…

         Podock était un ami d’Ashton et il s’était pris d’affection pour la petite fille. Souvent, il la surveillait à son insu, bien que sachant que les ressources dont elle disposait lui permettaient d’échapper à bien des dangers. En la voyant pénétrer dans l’eau, il avait couru à sa suite mais pas assez vite. Il n’avait pu la suivre. Elle était déjà si loin qu’il avait eu peur de manquer de forces. L’idée aussi d’avoir à affronter la pieuvre avait achevé ce qui lui restait de craintes. En la voyant revenir, il avait lâché un profond soupir de soulagement, voulant aussitôt oublier sa lâcheté. Il marcha vers elle.

-     Ton père serait fâché s’il savait que tu entres dans l’eau sans surveillance. reprit-il d’une voix contrariée.

-     Ne t’inquiète pas ! Ce n’est pas un mollusque qui va m’arrêter ! assura-t-elle avec un sourire narquois. D’ailleurs, celui-ci, à mon avis, n’embêtera plus personne…

         Elle avait un regard étroit et intense, lumineux et flamboyant. Podock n’y résista pas. Il baissa la tête. La petite fille éclata alors de rire et partit en courant.

-     Le dernier arrivé est un vieux rabougri ! cria-t-elle.

         Podock haussa les épaules et ne fit même pas mine de vouloir la rattraper. Traînant les pieds dans le sable des dunes, il regagna lentement le village où Gaïa avait déjà entrepris de raconter ses exploits à ses petits camarades. Poursuivi par les quolibets des enfants, Podock se réfugia dans sa cahute.

-     D’abord, c’est pas vrai… maugréa-t-il. Je ne suis pas un vieux rabougri.

¯ ¯ ¯ ¯ ¯

Par KRYSTINE - Publié dans : Fiction
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Dimanche 4 janvier 2009 7 04 /01 /Jan /2009 14:30
La petite fille des dunes

Gaïa aurait pu être une petite fille comme les autres. Mais son destin, dans ce qui reste d'un monde chaotique où règne la violence, en décidera autrement. Inglad, elle aussi, aurait voulu profiter de son enfance. Désunies par un destin capricieux, sauront-elles se retrouver pour ne refaire qu'une ?

Entre Axel l'homme qu'elle a épousé et Rodolphe, celui qu'elle aime, Inglad pourra-t-elle choisir ? Laissera-t-elle Gaïa la rejoindre au risque de tout briser et de tout perdre ? Nombreux seront ceux qui se dresseront sur leur passage.

Pourtant, il faudra bien qu'un jour la prophétie se réalise. Ce jour-là, la petite fille des dunes accomplira son destin.
Par KRYSTINE - Publié dans : Fiction
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