Fiction

Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 08:41

 

L'envol du MogaïIl est là, enfin, il est disponible ! Un an de galère pour parvenir à ce résultat ! Mais ça valait le coup ! Maintenant, tout ce qu'l vous reste à faire, eh bien, c'est le lire ! N'attendez plus ! Les vacances approchent, il va vous falloir de la lecture, alors pensez à moi !

Par KRYSTINE SAINT THOMAS - Publié dans : Fiction
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 18:57

La petite fille avait soudain cessé sa lecture, levant les yeux vers le ciel, comme violemment interpellée. Six ans à peine, elle tendait son visage vers le ciel, l’expression d’une indicible ferveur peinte sur ses jolis traits. Le dialogue s’était instauré si profondément que c’était comme si tous pouvaient l’entendre. L’empreinte spirituelle était si forte que l’enfant  aurait pu la palper, en esquisser les contours. Elle devinait le visage de cet homme, ce prince aux pouvoirs si particuliers dont elle avait failli causer la perte. Elle entendait sa voix, comprenait le sens de ce chant mystérieux qui se répandait sur Arkalia comme un filet de soie. Elle lui sourit, acceptant son accueil. Ils communiaient d’une seule voix et elle parlait à ce peuple lointain comme l’aurait fait une vestale. Elle savait que chaque Arkalien percevait ses paroles, même si elles étaient prononcées en un langage particulier, s’en imprégnait par l’intermédiaire de la Voûte et que leur pouvoir bienfaisant s’ajoutait à celui du Prince.

Encore en train de rêver, mon ange ? Gabrielle ? Gabrielle, tu m’entends ?

          Les sons présents avaient du mal à la rejoindre et elle prit soudain conscience que quelqu’un de très proche lui parlait. La voix d’une femme penchée sur elle l’atteignit enfin et elle quitta en quelques secondes cet autre monde dans lequel elle venait de plonger. La rupture était difficile et douloureuse lorsqu’elle coupait prématurément un contact cosmique. Elle finit pourtant par sourire à sa mère.

Tu me semblais bien loin, Gabrielle. A quoi pensais-tu ?

Elle attend son prince charmant ! railla alors une voix moqueuse.

          Une autre fillette, plus âgée, venait d’apparaître dans le parc familial où Gabrielle lisait, assise dans l’herbe, cernée par la verdure et les fleurs éclatantes. La propriété couvrait plusieurs hectares. Ceinte d’une interminable muraille, hérissée de caméras, de fils de fer barbelés, elle baignait pourtant dans une quiétude apaisante. Pas de massifs savamment ordonnés ou d’allées précieusement alignées. Le jardinier avait su laisser à la nature un semblant de liberté. Les arbres s’élevaient en barrières protectrices, offrant à des clairières presque sauvages une ombre amicale. Un lac accueillait plusieurs cygnes blancs qui passaient négligemment sur la surface sombre avec grâce et majesté.  Un chant s’élevait en permanence. Il donnait à l’ensemble un caractère paisible et reposant. Parfois, le cri d’un paon invisible résonnait dans l’air.

          Aussi blonde que Gabrielle était brune, la seconde fillette arborait une moue méprisante qui lui donnait un air méchant.

Ton prince charmant ? répéta la mère avec petit sourire.

          Gabrielle leva sur elle un visage contrarié, un regard sombre, sans rien répondre.

Allons, ma chérie… tu ne veux pas m’en parler ? insistait la jeune femme en caressant la longue chevelure soyeuse de la fillette.

Elle ne peut pas ! reprit l’autre enfant. Il n’existe pas !

Anna-Lisa ! protesta la mère avec agacement. Pourquoi tourmentes-tu ta sœur ? Ce n’est pas très gentil.

Elle est toquée ! répliqua l’enfant avec mépris. Elle parle aux étoiles.

Aux étoiles ? répéta la jeune femme avec un froncement de sourcils. C’est vrai, Gabrielle ?

Je l’ai entendu, maman. marmonna alors Gabrielle en baissant la tête, comme prise en faute.

Tu as entendu qui ? insistait sa mère en relevant son menton avec autorité.

Il s’appelle JonaLaï Slönhe. Il habite très loin d’ici. Je l’ai entendu parler à son peuple. C’est un Penseur ! 

Tu vois, je te l’avais dit ! ricana Anna-Lisa. Elle est complètement folle !

Anna-Lisa, laisse-nous, veux-tu ? jeta alors sa mère d’un ton si sec que sa fille en resta saisie.

Mais… protesta l’enfant.

Obéis.

          Matée par le ton autoritaire, la petite fille souffla bruyamment et partit en traînant des pieds vers l’immense maison qui dominait tout le parc. C’était une construction originale, coiffée d’un dôme de verre de forme octogonale sous lequel la maîtresse de maison, férue d’astrologie, avait installé un gigantesque télescope. Parfois, elle y appelait Gabrielle et toutes deux elles laissaient leur imagination les emmener par delà les barrières des Hommes, là où elles seules avaient accès.

Gabrielle … Tu veux bien me parler de lui ?

Toi non plus tu ne me crois pas. sanglota Gabrielle.

Détrompe-toi. murmura alors sa mère. Moi aussi je l’ai entendu.

C’est vrai ? renifla la fillette.

Est-ce que je t’ai jamais menti ? demanda la jeune femme avec un sourire réconfortant.

Non.

Alors, raconte-moi….

          La petite fille se mit à parler, d’une voix rêveuse, expliquant comment elle avait communiqué avec cet homme venu de loin,  ce Prince qui parlait à son peuple par l’intermédiaire d’une matière vivante et qui prouvait par son esprit la force de son Sang. Sa mère l’écoutait, sans un mot. Son visage soudain grave reflétait une intense inquiétude. La petite fille lui sourit et la jeune femme se reprit aussitôt.

Tu dis qu’il parle à son peuple à l’aide d’une matière vivante ?

Oui… La Voûte Céleste s’anime lorsque l’esprit d’un Penseur la rencontre. Et alors le Dôme s’éclaire… et toute la Voûte est vivante ! Leur rencontre compose un chant magique qui donne paix et fertilité à toute la planète.

          L’enthousiasme de la fillette s’enflammait tandis qu’elle racontait et sa mère eut un sourire attendri.

Tu vois vraiment tout ça ? s’étonna-t-elle.

Bien sûr ! Pas toi ?

Eh bien… En fait… il est possible… balbutia la jeune femme. Mais…Tu es tellement plus forte que moi.

La jeune mère se troublait de façon si évidente que la petite fille resta un moment silencieuse, essayant de comprendre pourquoi sa mère lui mentait après lui avoir affirmé le contraire.

Tout le monde me croit folle. maugréa l’enfant.

Moi, je sais que ce n’est pas le cas, Kenjya.

Il m’a appelée comme ça aussi ! s’exclama Gabrielle avec enthousiasme. Qu’est-ce que ça veut dire ? Et comment le sais-tu ?

          Plus Gabrielle posait des questions précises et embarrassantes, plus sa mère devenait nerveuse. Elle se mordit la lèvre, consciente qu’elle venait d’employer un nom qu’elle s’était juré de rayer de son vocabulaire.

 Écoute, Gabrielle… je pense qu’il vaut mieux que tu gardes tout ceci pour toi.

Mais pourquoi ? Pourquoi tu ne veux pas me dire la vérité ? protesta Gabrielle, soudain boudeuse.

Parce que ce serait trop dangereux, mon cœur.

Dangereux ? répéta Gabrielle, surprise. Mais pourquoi ?

Un jour, je t’expliquerai. C’est promis. Mais d’ici là, il faut que tu arrêtes de contacter cet homme. D’accord ?

Mais c’est mon ami, maman ! protesta Gabrielle. La première fois, nous l’avons aidé à proclamer.

Nous ? répéta sa mère, stupéfaite. Qui ça, nous ?

Logaï et moi. C’est l’esprit d’un petit garçon qui est mort dans la Voûte. En fait, c’est le petit frère de JonaLaï.

Tu as parlé avec Logaï ? articula la jeune femme d’une voix blanche.

Pas parlé avec des mots. Mais j’ai compris ce qu’il me disait. Il m’a expliqué ce que je devais faire pour aider JonaLaï. Tu comprends, c’était la première fois qu’il proclamait. Il aurait pu être tué. Alors, nous l’avons aidé.

Gabrielle… Écoute-moi. déclara brusquement sa mère en la prenant par les bras avec force. Il faut que tu me promettes de ne plus jamais chercher à contacter JonaLaï !

Mais pourquoi ? ! C’est mon ami, maman ! Je ne peux pas faire ça !

C’est important, ma chérie.

Alors, explique-moi !

Je ne peux pas, Gabrielle. Mais je te jure qu’en contactant cet homme, vous vous mettez en danger tous les deux. Il faut absolument que tu me promettes de ne plus jamais l’appeler !

D’accord. soupira Gabrielle, visiblement à contrecœur.

          En faisant ce serment, la petite fille ne s’imaginait pas que l’histoire de JonaLaï Slönhe allait dormir au fond de sa mémoire durant de longues années. Pas plus qu’elle ne pouvait supposer à quel point le destin de cet homme allait modifier le sien.

 

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Par KRYSTINE SAINT THOMAS - Publié dans : Fiction
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 18:56
L’appel des étoiles

 

          Tout était figé dans un silence sidéral. Le peuple Arkalien rassemblé retenait son haleine tandis que le Dôme suspendu au plus fort de son ascension avait brusquement interrompu son chant. Bras levés vers l’espace, JonaLaï Slönhe avait été percuté si fort par cette pensée vagabonde que son contact mystique avec la matière, avec l’esprit, avec la force, s’était soudain brisé, comme un morceau de cristal, dans une plainte lointaine. Profondément déstabilisé, l’esprit éparpillé, le souverain ne parvenait pas à rouvrir les yeux. Luttant, il serra les dents et les poings, fit craquer les jointures de ses doigts, les os de ses mâchoires et soudain, libérée, toute sa puissance explosa en écho dans le Dôme. Le peuple, pétrifié, attendait la suite de la cérémonie. Le Prince devait continuer. Il fallait qu’il rende hommage au Dôme, que le chant magique s’élève, qu’il inonde Arkalia, qu’il envahisse chaque être vivant.

          JonaLaï respira avec peine, cherchant l’air au plus profond de ses poumons, les sentant comme vidés de l’intérieur. Il inhala péniblement et la douleur le poignarda. Il vacilla, tomba sur un genou et un cri unanime jaillit de la foule. Il ne devait pas faiblir. Surtout pas. Ou le Dôme, formidable objet de ferveur et de puissance, allait devenir fatal, le pulvériser, le réduire à l’état de souffle. Près de lui, une forme évanescente, myriades d’ions colorés et bleutés, palpitait dans un mouvement aérien, comme un souffle de vent balaye une chevelure. Une main se tendit vers le jeune homme. Il regarda alors le fantôme évanescent, reconnut ce visage amical qui lui souriait. C’était la première fois que JonaLaï proclamait et s’il avait entendu parler des spectres de la Voûte, il savait qu’il n’était pas donné à tous de les apercevoir. Ce reflet impalpable qui luisait devant lui semblait n’être qu’un enfant et il lui offrait le regard de Logaï, son sourire.

Logaï… murmura-t-il, profondément ému par cette apparition inattendue.

JonaLaï …souffla la voix de la Voûte. Il faut te relever.

          JonaLaï sentit une force supplémentaire rejoindre la sienne, s’allier à son propre pouvoir, venir en aide à ses réserves épuisées. Un nouveau courant l’envahit. Il eut l’impression de revivre. Il se redressa au bout d’un temps infini, releva la tête fièrement, planta ses prunelles incandescentes au creux de l’azur et son esprit ainsi libéré partit à la recherche de ce contact inattendu qui avait failli mettre fin prématurément à la cérémonie. Il « la » rencontra soudain, comme au détour d’un chemin, avec une force incroyable. Ils se firent face au travers de leurs esprits, s’interrogèrent et le Prince sourit. Avec elle, avec le concours inespéré de Logaï, il avait reconquis la Voûte, malgré son inexpérience, sa jeunesse. Se tournant vers son peuple, il ouvrit grand les bras.

Le contact est établi ! clama-t-il d’une voix joyeuse.

            Une seule et même exclamation jaillit et il fut acclamé. Un sourire éclatant sur son visage rayonnant, JonaLaï Slönhe salua  l’espace infini.

Sois la Bienvenue, Kenjya ! proclama-t-il.

Par KRYSTINE SAINT THOMAS - Publié dans : Fiction
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 18:40
Déchirure

 

          Le petit garçon, six ans à peine,  pleurait presque sans bruit, penché sur son reflet sans vie.

Ne me quitte pas, Logaï… Je t’en prie… renifla-t-il d’une voix brisée par le chagrin. Je t’en prie, ne me quitte pas.

          L’endroit était si sombre que l’enfant ne faisait que deviner le petit corps inanimé. Ses pensées tournaient en rond, se heurtant à la peur, à la douleur. Il n’osait plus bouger, prostré et terrifié, attendant sans doute que la mort le fauche lui aussi.

Logaï… Qu’est-ce que je vais faire sans toi ? reprit-il tandis qu’il cherchait la main inerte du petit garçon. Tu ne peux pas partir comme ça. Je t’en prie, reviens.

Mogaï… Mogaï…

          La voix chuchotait, à peine un souffle et l’enfant sursauta.

Qui est là ? articula-t-il, pétrifié.

Mogaï… Mogaï… répéta la voix.

          Soudain, le petit garçon réalisa que l’obscurité s’estompait, que des lumières de couleurs différentes commençaient à apparaître, ça et là, comme des ions dispersés, s’avivant peu à peu, s’affirmant au fil des secondes, illuminant lentement la pièce d’une clarté de plus en plus vive. La Voûte s’éveillait et bientôt, dans toute sa puissance, elle allait disperser son esprit comme elle avait soufflé la vie de Logaï.

          Mogaï était terrorisé mais il ne lâchait pas la main de son frère. Il savait pourtant qu’elle resterait immobile, définitivement inanimée. Il avait le sentiment que s’il le quittait maintenant, c’était son propre mental qui allait rester là, derrière lui, disséminé dans le noir, sans espoir de rédemption.

Mogaï… reprit la voix.

          L’enfant sentit alors la douleur s’insinuer, elle aussi, perfidement, degré après degré, jusqu’à devenir palpable, insupportable. Il se mit à crier, les mains serrées sur ses tempes. Un court instant, l’esprit éparpillé de Logaï se mêla au sien, lui apprenant l’ultime douleur, la peur totale, le désespoir absolu, lui offrant pêle-mêle confusion, terreur et folie confondues. Ils fusionnèrent une dernière fois, tandis que leur esprit ne faisait plus qu’un. Totalement complémentaires lorsqu’ils étaient ensemble, Mogaï savait que la disparition de Logaï signifiait un changement brutal, un monde nouveau dans lequel il aurait le plus grand mal à se retrouver. Il chercha à retenir cette présence calée dans son esprit.

Ne pas pas…je t’en supplie… sanglota-t-il.

          Il s’accrochait, désespérément, mais c’était comme s’il essayait de retenir de l’eau entre ses mains. Il sentait que Logaï s’éloignait irrémédiablement et il ne pouvait pas l’empêcher.

Mogaï !

          Cette fois la voix fut forte, masculine, toute proche. Un tout jeune homme venait d’entrer et sa silhouette massive, imposante, se pencha sur Mogaï. Le petit garçon leva ses grands yeux clairs sur lui, reconnut ce visage orné d’une barbe brune courte et bien taillée, ce regard pur tellement semblable au sien, empreint de douceur et d’un amour infini.

JonaLaï… articula-t-il. Logaï est mort.

Vous ne deviez pas entrer ici ! gronda JonaLaï. Logaï le savait et tu le savais aussi !

Il voulait… il voulait voir… hoqueta l’enfant. Je n’ai pas voulu le laisser seul... Mais… quand on est entrés, il s’est mis à crier et il est tombé.

Vous n’étiez pas prêts ! Ni l’un ni l’autre ! Allons, viens, il faut sortir d’ici ou toi aussi tu mourras.

Non… Pas sans Logaï !

On ne peut pas l’emmener, Mogaï ! Tu le sais bien ! Toute personne qui meure ici doit y rester. Logaï fait désormais partie de la Voûte.

          Comme pour lui donner raison, la masse des ions colorés qui n’avait pas cessé de tourner autour des enfants se rapprocha du petit Logaï, en fit le tour comme s’il avait voulu en prendre les mesures. Puis, lentement, ils s’intégrèrent au corps inanimé et commencèrent à se disperser, lentement. Mogaï ne pouvait détacher son regard de ces minuscules particules colorées qui, en désagrégeant, emportaient son frère avec elles. L’homme dut faire usage de la force pour que l’enfant le suive. Il l’attrapa à bras le corps, l’obligeant à quitter cet endroit où son frère jumeau, sa moitié, son double parfait, venait de s’éteindre, happé par une force dont il n’avait pas mesuré l’intensité.

          A peine eurent-ils passé la porte que l’obscurité reprit peu à peu ses droits, engloutissant dans les ténèbres le petit Logaï, cruellement emporté par sa curiosité. Alors Mogaï sentit le froid, l’absence, pénétrer chaque atome de son corps, le transpercer, le marquer au fer rouge et s’installer, comme un virus, en plein cœur de son esprit. JonaLaï caressa la chevelure longue et brune du petit garçon, lui sourit tristement.

Tu aurais pu mourir aussi, petit frère. dit-il.

C’est comme si j’étais mort. rectifia Mogaï dans un hoquet. Je ne peux pas vivre sans Logaï.

Il va falloir apprendre, Mogaï. Viens… Notre mère t’attend. Et crois-moi, elle a autant de chagrin que toi.

          L’enfant prit la main tendue sans un mot et suivit son frère aîné, non sans un dernier regard en arrière vers cette lourde porte qui venait de lui prendre la moitié de lui-même. Mogaï sentit la pression s’affermir sur sa main et il reporta son attention sur le jeune homme qui le conduisait.

Dis, JonaLaï… Tu ne me quitteras jamais, toi ? demanda-t-il.

          Le jeune homme sourit péniblement, faisant  bonne figure aussi bien qu’il le pouvait. S’il voulait que Mogaï surmonte sa peine il était essentiel que lui-même cache cet immense désarroi qui l’avait envahi lorsqu’il avait senti la vie de Logaï s’enfuir inexorablement. Comprenant la tragédie qui se préparait, il avait couru de toutes ses forces, traversant l’immense palais à larges enjambées, dans l’espoir insensé d’arriver à temps. Mais la déchirure avait pourtant eu lieu. Il n’avait rien pu empêcher. Logaï était mort et avec lui une partie de Mogaï. Lorsque c’était arrivé, JonaLaï s’était arrêté brutalement, frappé lui aussi par la douleur.

          Le souffle coupé, l’esprit éparpillé, il lui fallut plusieurs secondes pour se reconstituer et voler au secours de celui qui pouvait encore être sauvé. Car Mogaï, contrairement à son jumeau, n’avait pas succombé à la pression de la Voûte. Il l’avait même étonnamment supportée. JonaLaï se souvint que des deux enfants c’était Mogaï qu’il avait toujours préféré même si Mogaï était souvent froid, sombre, secret. Tout le contraire de Logaï. Mogaï et lui étaient tellement complémentaires. Sans Logaï comment Mogaï allait-il survivre ? On savait que les jumeaux, en dehors du fait d’être extrêmement rares, ne devaient jamais être séparés. C’était une amputation qu’ils parvenaient rarement à surmonter. Lequel des deux avait ouvert la porte qui, d’ailleurs, aurait dû résister. Pourquoi s’était-elle ouverte ? Seul le contact avec un esprit penseur puissant le permettait. Et JonaLaï ne pouvait admettre que Logaï ait eu ce pouvoir. Pas plus que Mogaï. Ou alors tout le monde s’était gravement trompé sur les capacités des deux enfants. Y aurait-il eu un Maître parmi eux ? Mais presque aussitôt cette question lui avait paru inadéquate. Si Maître il y avait eu, Logaï ne serait pas mort. Mais pourquoi Mogaï avait-il survécu ? Toutes ces pensées tournaient à une vitesse folle dans l’esprit de JonaLaï alors qu’il volait au secours des enfants.

          La question que Mogaï venait de lui poser le fit frémir malgré lui. Pouvait-il faire une pareille promesse ? Il savait qu’il n’en avait pas le droit. Pourtant, il lui sourit et caressa sa longue chevelure d’ébène avec une profonde tendresse.

Jamais, Mogaï … Je serai toujours là quand tu auras besoin de moi. promit-il.

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Par KRYSTINE SAINT THOMAS - Publié dans : Fiction
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 09:36
Cette fois, ça y est... Le Saint Thomas nouveau est arrivé ! Fiction et aventure. Je suis sûre que tous ceux qui ont aimé le premier vont adorer celui-là. Personnellement, c'est mon préféré... Moins noir, peut-être... Quoi que... Enfin, vous verrez...

Pour vous le procurer ? Facile. Vous m'envoyez un mail et je vous adresse le bon de commande qu'il vous suffira de renvoyer à l'éditeur avec votre règlement. Voilà, c'est tout.... Attention, la limite de commande est janvier donc prévoyez de ne pas le recevoir avant.

BIZ à tous.
Par KRYSTINE SAINT THOMAS - Publié dans : Fiction
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